Patrick Remm : servir autrement

Dictionnaire des Expressions d'origine militaire

Dictionnaire des Expressions d'origine militaire

«En prendre pour son grade», «j'y suis j'y reste», «l'argent est le nerf de la guerre», «un coup de Jarnac», «changer son fusil d’épaule», autant de formules célèbres souvent considérées comme ayant toujours existé. Mais est-ce vraiment le cas ou les voit-on, au contraire, apparaître à une date donnée ?
Ont-elles un auteur connu ?

La langue française doit beaucoup à l'armée. Le fond de notre langue vient du latin ; non pas du latin classique de Cicéron ou de Tacite, mais davantage du bas latin, l’argot des légionnaires transmis aux peuples gaulois. La langue soldatesque n'a cessé de fournir locutions et vocables, glorieux ou humbles, mais toujours savoureux.

Pourtant certains mots ou expressions ont largement influencé la langue française dans le passé. A l'origine, l'expression «battre la chamade» s’utilisait à l’occasion du siège d’une ville. Par un roulement de tambour, «la chamade», les assiégés indiquaient leur volonté de se rendre ou de faire une trêve. Actuellement elle indique un émoi amoureux. «Sans coup férir», «annoncer la couleur», sont deux expressions parmi d’autres qui sont depuis longtemps passées dans le langage courant. Elles ont eu du succès et ont été citées si souvent que l'on peut les utiliser sans savoir qu'il s'agit d'une citation. «J'en passe et des meilleures»: qui sait en prononçant ces mots que cette expression est de Victor Hugo?

Bien souvent, d’ailleurs, avec le temps, la citation d’un personnage obscur devient célèbre. On la prête alors à un personnage de premier plan. Lors de la bataille de Fontenoy, le comte d'Anterroche avait dit «Messieurs les Anglais, tirez les premiers». Trop inconnu pour de si glorieuses paroles, on attribua le mot au Maréchal de Saxe. Le 4 juillet 1917, au cimetière de Picpus, l'anonyme colonel Stanton s'était exclamé sur la tombe du général La Fayette «La Fayette, nous voici !» Pour l'opinion publique une si belle phrase ne pouvait être que d'un personnage de premier plan, ce fut le général Pershing qui en devint l’auteur.

Il y a aussi des mots apocryphes fabriqués du vivant de l’auteur et d’autres qu’un auteur reprend à son compte. A Sainte-Hélène, Napoléon qui n'avait jamais dit: «Du haut de ces Pyramides quarante siècles vous contemplent» tenta, sous la plume de Las Casas, de faire passer le mot pour authentique, alors qu'aucun texte de la campagne d'Egypte ne comporte la fameuse phrase. De même, Victor Hugo fait dire «Merde» à Cambronne à la place du pudique: «La garde meurt et ne se rend pas ». Laissons à l'histoire les mensonges superbes et ne les discutons pas. Il y a d’un côté, la nostalgie de ces mots historiques légendaires et de l'autre le souci de la vérité historique.

Notre ouvrage n'a pour but que de divertir le lecteur en lui donnant conscience de son enracinement dans le patrimoine militaro-linguistique national. Bien que les regrettés Quillet, Robert, Larousse et Littré aient contribué notablement (et involontairement) à ce travail, le rédacteur y a ajouté quelques explications personnelles. Pour des raisons de commodité, les formules retenues dans ce livre font d’abord apparaître la signification usuelle et actuelle du terme; ensuite est mentionnée l'origine militaire ou le rapport avec la racine guerrière du vocable présenté.

Pour la rédaction de ce livre, l’auteur a effectué un véritable travail de recherche. Les principales sources se trouvent dans les dictionnaires anciens et modernes, les recueils de proverbes, de sentences et de maximes, ainsi que dans les dictionnaires généraux ou dans divers ouvrages spécialisés contemporains. Toutes ces sources permettent de retrouver les expressions d'origines littéraires et suggèrent, en particulier pour ce qui relève de l'histoire, d'autres documents à consulter: une source renvoie à une autre.

Si certaines formules ont un succès durable, au point qu'on les trouve déjà au XIIème siècle, d'autres disparaissent et de nouvelles formules comme: «On ne tire pas sur une ambulance» ou de nouveaux mots historiques apparaissent. Il s'agit donc d'un domaine en constante évolution puisque «l’Histoire n’a jamais dit son dernier mot».

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