Patrick Remm : servir autrement

Biographie

Patrick REMM

Trésorier, président de la commission Finance

Avant d’être trésorier de la Fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie, des combats du Maroc et de Tunisie et trésorier adjoint de l'Union des blessés de la face et de la tête (Gueules Cassées), Patrick Remm a vécu plusieurs vies. Avant de se spécialiser dans l’élaboration des stratégies d’investissement, Patrick était expert en analyse et prévention des risques de sécurité.

25 ans en Allemagne, au service de la France, Patrick était prédestiné à une vie sans frontières. Fils d’un père autrichien issu d’une vieille famille austro-hongroise et d’une mère alsacienne, il a été conçu dans… l’Orient-Express. « Cela doit être mon karma », déclare-t-il avec amusement. Après une enfance passée en Alsace, il suit ses études en Allemagne. Patrick est diplômé en germanistique à l’Université de Heidelberg. Il se dirige ensuite vers une carrière militaire en intégrant, via son Service national, le 1er régiment de spahis à Speyer (RFA), avant de rejoindre un service de renseignements et de sécurité de la Défense.

Après Berlin au temps de la Guerre froide, il est muté à Baden-Baden, « sympathique ville thermale », comme il la décrit. Il y passe plusieurs années. « Au total, je suis resté 25 ans en Allemagne, compte Patrick. Je dois être le seul de l’armée française à y être resté si longtemps. L’Etat major m’a ensuite rappelé en France. Forcément à mon retour, on me surnommait dans la corporation "le teuton" ou le "casque à pointe". »

Fondateur d’une société spécialisée dans la sécurité

A Paris, il est nommé conseiller sécurité au sein d’un cabinet ministériel. Cependant, il éprouve assez rapidement le besoin de se tourner vers de nouveaux horizons. Après un détachement à Beyrouth (Liban) comme conseiller sécurité du Commandant de l'élément français à l'ONU, Patrick termine sa carrière militaire en 1998 pour participer à la création d’une société de services auprès d’entreprises françaises opérant à l’étranger. « Nous fournissions des techniciens et ingénieurs à des entreprises, essentiellement dans les régions d’Afrique et du Moyen-Orient », détaille Patrick. Son entreprise est notamment sollicitée par un géant pétrolier pour la création d’une école de pompiers en Iran. Directeur du projet, il recrute une demi-douzaine d’anciens pompiers afin de monter l’école à Kharg. Le ministre iranien du pétrole qui leur rend visite pour juger de l’avancée de la structure était impressionné, se souvient Patrick. Fidèles à leurs habitudes d’anciens militaires, ils avaient mis en place un protocole spécial pour recevoir le ministre. Dans ce petit monde de la sécurité, son entreprise est vite reconnue et voit de plus en plus de marchés s’offrir à elle.

En 2000, il part à Pretoria avec sa femme, diplomate. Il y prend les fonctions de directeur du pôle Afrique australe de la société. En parallèle il sert comme réserviste auprès de l'attaché de Défense de l'ambassade de France en Afrique du Sud et opère dans plusieurs pays de la zone de compétence. Il se souvient, entre autre, d'une mission assez épique au Swaziland où il a animé une session de formation en "Maintien de la Paix" à l’intention d'officiers Swazis.

Après 5 années, cap au nord du continent, pour s’installer en Algérie. Il se charge du suivi d’un important chantier. A la suite de cette mission de 2 ans, Patrick revient en France. « J’ai cédé les parts que je détenais en 2010, car je n’étais plus en accord avec la guidance de la société », affirme ce battant. Il rejoint le monde associatif en intégrant le conseil d’administration de la Fondation des Gueules Cassées, dont il était déjà membre bénévole. C’est au même moment que la Fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie, des combats du Maroc et de Tunisie est créée. « Les Gueules Cassées, qui ont injecté 2,5 millions d’euros dans cette nouvelle institution, ont eu droit à deux places au sein du conseil d’administration, explique Patrick. Ils m’ont proposé de devenir l’un de leurs administrateurs représentants ». Nommé également président de la commission Finances de la fondation nouvellement créée, il n’a pour autant jamais suivi de formation en gestion financière. « Je suis autodidacte, déclare-t-il. Je me suis toujours intéressé à la gestion de patrimoine et j’ai acquis une certaine expérience en gérant la société que j’ai fondée ». Son travail associatif lui prend aujourd’hui beaucoup de temps. Il s’est particulièrement impliqué dans la Fondation de la guerre d’Algérie, des combats du Maroc et de Tunisie. Dès sa création, Patrick a en effet été chargé de la gestion du portefeuille et des décisions d’investissement. Un rôle qui lui tient à cœur.

Auteur d’ouvrages sur la seconde guerre mondiale

Titulaire de la médaille militaire et chevalier dans l'ordre national du Mérite, Patrick est également chevalier dans l'ordre des Palmes académiques mais aussi dans l’ordre des Arts et des Lettres. Une combinaison inédite. L’ex officier des services de sécurité de la Défense est féru d’histoire. Tout commence en 1980. En parallèle de ses activités professionnelles, Patrick s’engage avec quelques amis dans la création d'un musée de l’auto et de la technique en Bade-Wurtemberg (RFA à l’époque). Dans ce cadre, il est sollicité par l'association régionale culturelle pour participer à la création d'une série de trois ouvrages intitulée « 1945, la fin de la guerre et le renouveau ». Patrick écrit le premier tome centré sur d’importants documents d’archives et dirige les travaux sur le deuxième relatant les conséquences économiques et sociales de la guerre et enfin, le dernier, sur les problématiques liées aux réfugiés, le retour des déportés notamment.

Ce travail historique édité en Allemagne à l’occasion de la commémoration du cinquantième anniversaire de la fin de la guerre a été loué par la presse comme l’œuvre pionnière d'une collaboration culturelle franco-allemande.

Fort du succès d’estime de ces ouvrages, L'Association des Français rapatriés d'origine nord-africaine en Allemagne et en Alsace (AFRONAAA) le contacte. « Le président de l’association avait acheté quelques exemplaires de mes précédents livres, se souvient Patrick. Il m’a demandé d’écrire en français un ouvrage pour évoquer leur histoire ». Il écrit le premier tome nommé « La Première Armée française de l'Alsace à l'Autriche ». Le livre est axé sur les militaires nord-africains ayant activement participé à la libération de la France en 1945. Malgré moins d’une centaine d’exemplaires imprimés, sa boîte aux lettres explose. « Les anciens de cette épopée ont été soulagés que l’on parle enfin d’eux, souligne Patrick. Cette armée française a libéré un tiers du territoire. » Emu par l’afflux de témoignages, il écrit deux autres ouvrages sur cette période. En 1998, pour faciliter la publication de ses recherches, Patrick crée la maison d’édition « Le Casque et la Plume » dont il assure toujours la direction. Patrick a d’ailleurs une commande à honorer cet hiver, provenant du Mémorial des combats de la poche de Colmar. « Je vais me plonger dans la bataille d’Alsace, indique-t-il. Assez méconnue, c’est la bataille la plus dure de toute la seconde guerre mondiale en France ». Sa dernière (et dixième) publication "Les carnets du Major" présente avec beaucoup d'humour les particularités du langage militaire.

Décidément actif dans plusieurs domaines, Patrick a participé à la création d'une association pour promouvoir une vie culturelle sur l'Ile de Groix où il a des attaches. Sous sa présidence cette association a créé le festival de musique ancienne qui se déroule chaque année sur l'île en suscitant un large retentissement auprès des médias et des instances régionales.

Sorti de ses activités associatives, Patrick consacre beaucoup de temps aux voyages. Avec ses nombreuses expériences à l’étranger, il a noué des liens un peu partout dans le monde.

« Récemment, je me suis rendu à Hong Kong et, dans la foulée au Viêt-Nam. Il y a deux ans, avec deux amis, j'ai fais un trip très dense à Madagascar, illustre cet enfant du monde. »

Avec son fils, qui a effectué ses études en Suisse, il se rend le mois prochain en Iran, sa femme étant consule à Téhéran. Avant de se retrouver le mois dernier à Paris, la famille s’était réunie à Vienne puis à Istanbul. Un mode de vie sans frontières, qui a toujours caractérisé son parcours. « Lors de mon dernier anniversaire, j’ai invité une quinzaine d'amis et me suis rendu compte que six nationalités différentes étaient représentés», décrit Patrick. Une occasion pour lui de rassembler ses différentes vies.
Vincent Gersin (journaliste - Institinvest)

Aujourd'hui, Patrick est administrateur et trésorier adjoint de l’« Union des blessées de la Face et de la Tête » dite aussi les « Les Gueules cassées ». www.gueules-cassees.asso.fr

Il est également membre du bureau de la "Fédération nationale André Maginot" association la plus importante du monde combattant, reconnue d'utilité publique. www.federation-maginot.com

Patrick est membre du collège fondateur et trésorier de la « Fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie et des combats du Maroc et de Tunisie ». La Fondation est reconnue d’utilité publique. www.fm-gacmt.org